fermer

f°021 - Recto | f°021 - Verso  << Cote Montmorency - vol. 495 - f°022 - Recto -  >> f°022 - Verso | f°023 - Recto

Cote : Montmorency_495_f_022__r | ID_folio : 3607 | ID_Transcription : 3612 | ID_Image : 14335

Du contrat social

1
Comment l'homme né libre est-il devenu esclave ?
Les premières sociétés dérivent de la famille, qui elle-même dès que les enfants se peuvent passer du père et que le père n'est plus utile à ses enfants, devient une convention.
RĂ©f. bibl.

Coup d'œil ironique sur les systèmes de Grotius, d'Hobbes et d'Aristote. (chap. II)Réf. bibl.
Le droit du plus fort n'est pas un droit « car sitôt que c'est la force qui fait le droit, l'effet change avec la cause ; toute force qui surmonte la première succède à son droit. — Qu'est-ce qu'un droit qui périt quand la force cesse ? » (chap. III) Réf. bibl.
Il ne faut donc obéir qu'aux puissances légitimes - puisqu'aucun homme n'a autorité sur son semblable et puisque la force ne produit aucun droit. Restent donc les conventions pour base de toute autorité légitime (c'est détruire l'idée du Droit, car les conventions peuvent être injustes. La convention ne constitue pas plus le droit que la Force) parmi les hommes. Réf. bibl.
L'esclavage n'a pu se faire en vertu d'une convention : qu'y aurait gagné l'esclave ? - Il ne peut dériver de la guerre, comme droit. Car la guerre est un rapport d'état à état, les hommes se combattent en tant que représentant de l'état. Quand l'un des états est vaincu, l'état peut  être tué sans tuer un seul de ses membres, l'individu subsiste, en tant qu'homme. - Quant au droit de conquête, il ne dérive que du droit du plus fort - en supposant le droit de tout tuer, l'esclave fait à la guerre ou un peuple conquis n'est tenu à rien du tout envers son maître qu'à lui obéir autant qu'il est forcé. - Et la convention qu'ils ont faite, loin de détruire l'état de guerre la continue. Ces mots esclavages et droit sont donc contradictoires. « Soit d'un homme à un homme, soit d'un homme à un peuple ce discours sera toujours également insensé : "Je fais avec toi une convention toute à ta charge et toute à mon profit que j'observerai tant qu'il me plaira et que tu observeras tant qu'il te plaira1 ". »(chap. IV)

Transcription : Stéphanie Dord-Crouslé, Émeline Gorégues

Page de notes de lecture

Titre de la page : Du contrat socialDu contrat social


Notes

1Rousseau écrit : "tant qu'il me plaira" (p. 24).

Si vous avez relevé une erreur de transcription ou de normalisation, si vous pensez avoir déchiffré un mot illisible, prenez contact avec nous :