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Cote : Antibes_066_f_002__r | ID_folio : 3618 | ID_Transcription : 3615 | ID_Image : 14367

Hegel, Cours d'esthétique, trad. Bénard
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Introduction

11. Définition 
L'esthétique est la philosophie de l’art ou des beaux-arts, le beau dans la nature ne se trouve pas compris dans son étude. Réf. bibl.
L'art est-il digne d’être traité scientifiquement ?
Si on le considère libre et indépendant, expression de la vérité, comme la science, il exprime les intérêts les plus profonds de la nature humaine, révèle Dieu à l’esprit.Réf. bibl.
On reproche à l’art de produire ses effets par l’illusion, l’apparence ; le même reproche pourrait s’adresser à la nature, aux actes de la vie humaine.Réf. bibl.

Essence et vérité de l’art : pas de différence entre l’art et la nature
Car la réalité, le principe n’est point dans toutes ces apparences, il n’est manifesté que par elles. Or c’est précisément l’action et le développement de cette force qui est l’objet des représentations de l’art. – L'art dégage la vérité des formes illusoires

Transcription : Stéphanie Dord-Crouslé

Page de notes de lecture

Titre de la page : Hegel, Cours d'esthétique, trad. Bénard
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Introduction


Notes

1 Flaubert a lu l’Esthétique de Hegel dans la traduction – ou plutôt l’adaptation – qu’en a faite Charles Bénard en cinq volumes parus entre 1840 et 1852 (Cours d’esthétique, analysé et traduit en partie par M. Charles Bénard, Paris, Joubert, 1840-1852, 5 vol. ; voir la fiche de l’ouvrage). Cinquante-neuf feuillets de notes sont le fruit de cette lecture attentive à laquelle le romancier a procédé plume à la main. Le dossier qui rassemble ces pages porte les marques de son histoire. En effet, il a fait partie des ensembles documentaires que la nièce de Flaubert, pour une raison inconnue, n’a pas confiés de son vivant à une institution de conservation. Sur la page de titre est donc apposé le cachet « Vente Flaubert », utilisé pour les deux ventes qui ont suivi le décès de Caroline Franklin Grout (ici : Antibes, 1931). Le dossier constituait le lot 66. Dans le catalogue (Manuscrits, livres, meubles, objets d’art de Gustave Flaubert. Mobilier ancien et moderne de la Villa Tanit ayant appartenu à Mme Franklin-Grout-Flaubert, décédée. Vente à Antibes, 28, 29, 30 avril 1931, catalogue, p. 11 ; en ligne sur le site Flaubert), il est décrit en ces termes : « Esthétique de Hegel, Analyse et extraits. / 52 pages de 22 x 18 ; 7 pages vergé bleu même format. » On ne sait pas qui a acquis ce lot ni s’il a connu plusieurs propriétaires successifs. Mais le dossier est passé entre les mains du libraire Alain Nicolas qui a eu la grande générosité d’en remettre une photocopie au Centre Flaubert de l’université de Rouen en 2003. C’est à partir de cette copie signalée par Yvan Leclerc que Gisèle Séginger a procuré son édition du dossier parue en 2005 (« Notes de Flaubert sur l’Esthétique de Hegel », Gustave Flaubert 5 « Dix ans de critique », éd. Gisèle Séginger, La Revue des lettres modernes, Minard, 2005, p. 247-330 ; voir la fiche). En l’absence d’accès aux originaux, la présente édition repart elle aussi de cette copie dont elle propose non seulement la transcription revue mais aussi les images aimablement communiquées par Yvan Leclerc. Comme l’indique la page de titre du dossier (f° 1), Flaubert a lu les cinq tomes de l’ouvrage de Bénard en deux fois : d’abord les deux premiers (« 2 vol. »), puis les trois suivants (« et t. 3, 4, 5 »). Grâce à divers recoupements, Gisèle Séginger a établi que la première période de lecture a vraisemblablement eu lieu pendant « le repos forcé de l’année 1844 ». La seconde, quant à elle, est très précisément connue grâce aux listes d’ouvrages lus pour la préparation de Bouvard et Pécuchet que l’écrivain a consignées dans son carnet de travail n° 15 (f° 64 et 65) : elle s’est déroulée entre la fin septembre et la mi-novembre 1872. Les deux ensembles de notes (f° 1-52 d’une part ; 53-59 de l’autre) se distinguent matériellement : l’écriture, le papier utilisé aussi bien que le mode de prise de notes sont fort différents. Remarquons néanmoins que la deuxième période commence par la relecture des deux premiers volumes, comme le montrent les métadonnées des f° 53 à 55. Les notes portant sur les tomes 3 à 5 occupent seulement les f° 55 (seconde moitié du feuillet) à 59. Le dossier étant toujours dans une collection privée, sa foliotation n’a pas encore été définitivement établie. Actuellement, les pages du dossier présentent deux systèmes de numérotation concurrents, l’un allographe, l’autre autographe. La numérotation allographe continue a vraisemblablement été apposée par le notaire en charge de la vente successorale d’Antibes, Me Léon Martelly, ou par l’un des deux experts qui l’ont alors assisté : René Morot et Louis Laffitte. À l’exception de la page de titre, elle a été portée, à l’aide d’un crayon assez gras, sur le recto de chaque feuillet, en haut et à gauche. Elle correspond exactement à l’objet matériel tel qu’il est décrit dans le catalogue de la vente de 1931, et tel qu’il existe aujourd’hui encore en un lieu inconnu : 51 feuillets auquel il faut ajouter la page de titre, soit 52 pages, pour la prise de notes datant de 1844, et 7 feuillets de papier vergé bleu pour celle de 1872. Cependant, aussi bien l’édition de 2005 que celle-ci présentent une lacune. En effet, deux images sont manquantes : en raison d’une malencontreuse erreur de manipulation, deux pages du dossier (les f° 4v° et 5r°) n’ont pas été photocopiées. Leur contenu demeure donc inconnu mais leur place a été ménagée dans la foliotation de l’ensemble pour qu’elles puissent un jour être ajoutées. D’autre part, comme il en avait l’habitude, Flaubert avait lui-même numéroté la plupart des pages de son dossier, à l’encre, en haut et à droite des seuls rectos, page de titre non comprise. Cependant, cette numérotation présente des lacunes et des irrégularités dont le constat lui-même est compliqué par l’imparfaite qualité des photocopies disponibles. Ainsi, la numérotation des pages 2, 5, 21 et 22 ne semble pas avoir été apposée par Flaubert lui-même ; et les pages qui auraient dû être numérotées 7, 23 (ou 24 ? – on va y revenir), 26, 27, 29, 34, 36, 39, 48 et 51 ne semblent porter aucune numérotation autographe. La raison de ces irrégularités apparaîtra peut-être évidente lorsque l’objet matériel pourra être examiné. Mais il est d’ores et déjà nécessaire d’établir une correspondance entre les images du document et la transcription des contenus. Pour son édition, Gisèle Séginger indique avoir suivi la numérotation autographe de Flaubert. Elle relève cependant une difficulté qui consiste en l’absence possible d’un feuillet : « À partir de ce point [i. e. le f° 25 de son édition], la pagination (de Flaubert) correspond à la pagination au crayon (qui est postérieure). Le folio numéroté 25 (à l’encre) devrait être le folio 24. Dans la suite des folios apparaissent souvent deux numérotations différentes. Peut-être peut-on émettre l’hypothèse d’une intercalation provisoire d’un folio complémentaire lors d’une relecture qui aurait donné lieu à une renumérotation. En tous cas ce folio ne se trouve plus dans le dossier. Cette relecture a été faite au moment de la reprise du dossier et de la rédaction des derniers folios d’une tout autre écriture que celle des années 1840. Comme la numérotation à l’encre est de la main de Flaubert et qu’elle court jusqu’à la fin du dossier, nous avons décidé de la suivre : il n’y a donc pas de folios 24 et 24v°. Pour autant le texte de la prise de notes n’est pas discontinu, le folio probablement ajouté puis retiré, était sans doute un supplément sur les dieux de l’Inde puisqu’il était placé entre le folio 23v° et le folio 24 [sic pour 25 ?]. Il a pu être retiré du dossier au moment de la rédaction de La Tentation de saint Antoine. » [note 28, p. 288-289] En l’état actuel, aucune explication convaincante ne peut être apportée au saut que l’on constate dans la numérotation autographe de Flaubert. Il n’est d’ailleurs pas absolument certain qu’un numéro 23 soit inscrit dans l’angle supérieur droit du feuillet qui précède. Mais dans la mesure où la prise de notes ne présente aucune solution de continuité entre les feuillets 21 à 26 de la numérotation notariale, il n’a pas semblé nécessaire de ménager une place pour un hypothétique feuillet manquant dans une édition en ligne qui est aussi celle d’un objet patrimonial envisagé dans sa configuration matérielle effective. Afin que le lecteur puisse identifier l’origine concrète des problèmes et circuler facilement entre les éditions successives, on a reporté dans un tableau les deux numérotations et leurs irrégularités, ainsi que la foliotation adoptée par les deux éditions. On trouvera ce tableau et la version complète de cette note dans le billet dédié du carnet de recherche du projet. Ces notes de lecture font système avec un feuillet conservé dans le dossier « Littérature – esthétique » récemment entré dans les collections de la BnF : le f° 46 (NAF 28825, recto et verso), intitulé : « Esthétique de Hegel, résumé ». Il s’agit de « notes de notes », c’est-à-dire de notes prises par Flaubert à la relecture de ses propres notes. Sur une page et demie, l’écrivain a relevé dans le dossier de notes « Esthétique de Hegel, Analyse et extraits » toutes les citations qui pouvaient lui être utiles pour la rédaction du cinquième chapitre de Bouvard et Pécuchet, en particulier pour son moment esthétique, ou pour les aventures philosophiques des deux personnages dans le chapitre VIII du roman. C’est pourquoi les références paginales – qui suivent la plupart de ces fragments textuels – ne renvoient pas aux différents tomes de l’ouvrage de Bénard mais aux pages de la prise de notes initiale de Flaubert. Par exemple, sur le f° 46, la définition : « L’idéal est la réalité retirée du domaine du particulier », mise en relation avec une page « 6 », se trouve bien sur le f° 7 (numéroté 6 par Flaubert) du dossier des notes de lecture. Presque toujours, les citations recopiées sur la page et demie de « notes de notes » ont été préalablement sélectionnées d’une croix en marge dans le dossier de notes. Et elles seront nombreuses à être utilisées dans le roman pour la genèse de son premier volume, comme le montrent les résultats de la recherche « Hegel » dans les brouillons du roman (Les manuscrits de Bouvard et Pécuchet. Édition électronique du manuscrit intégral de Bouvard et Pécuchet, premier volume, sous la dir. d’Yvan Leclerc et Danielle Girard, en ligne sur le site du Centre Flaubert de l’université de Rouen, 2013, http://flaubert.univ-rouen.fr/bouvard_et_pecuchet/index.php). Notons que, dans le f° 597 du volume 5, la référence « Hegel. « 55. c’est l’exist. abs. affr. de toute détermination » renvoie à la définition du sublime qui se trouve en haut de la page 55 de notre dossier de notes (f° 55, fragment 1). En revanche, très rares sont les fragments qui présentent les marques caractéristiques d’une sélection en vue du « second volume », y compris dans les feuillets de notes datant de 1872, c’est-à-dire les treize folios (f° 53 à 59) qui ont été produits en lien direct avec la rédaction de Bouvard et Pécuchet et le projet du sottisier. Un seul passage relevé par l’écrivain affiche à la fois une annotation (« Pudeur française ») et un trait vertical en marge : « L’obscénité est poussée à son dernier degré » dit Hegel – et là-dessus un épisode du Ramayana, la descente de Gangâ : le traducteur anglais n’a pas osé le traduire, Schlegel a traduit la dernière partie de l’épisode, le traducteur français d’Hegel fait encore mieux, il n’ose pas citer le passage que cite Hegel lui-même. – Voilà qui nous instruit beaucoup : « Nous supprimons nous-même le passage cité par Hegel » dit M. Charles Bénard dans une note aussi spirituelle que laconique (p. 73). Vivent les commentateurs, pour expliquer le texte ! Si le fragment textuel appartient aux pages rédigées en 1844, il est vraisemblable que le commentaire marginal n’a été ajouté qu’en 1872. Par son contenu, comme l’indiquent clairement les remarques ironiques du scripteur, le passage aurait fort bien pu trouver sa place dans l’une des catégories prévues pour le second volume comme « Beautés des gens de lettres » ou « Ineptie des critiques ». Néanmoins, on ne repère ce passage sur aucune des pages préparées pour le second volume, du moins pour celles – connues – qui sont conservées à la bibliothèque municipale de Rouen. Flaubert a pu oublier de recopier cette citation ; ou bien une page a pu être perdue… Quoi qu’il en soit, à l’instar de tous les autres fragments de ce dossier, celui-ci peut dorénavant être mobilisé par l’agenceur, enrichir des reconstitutions conjecturales et participer à la création de nouveaux seconds volumes possibles. Pour ce faire, chaque fragment textuel a été mis en relation avec sa référence bibliographique exacte. Cette métadonnée permet à l’agenceur de fonctionner et fournit au lecteur un lien direct vers le passage pris en note par Flaubert dans l’édition qu’il a utilisée. Cette métadonnée et d’autres encore sont accessibles pour chaque page manuscrite dans un onglet dédié (par exemple ici pour le f° 2) ou en cliquant sur le lien présent à la fin de chaque fragment textuel (intégré à la référence paginale lorsqu’elle existe ou porté par l’icône d’un petit livre). L’établissement de la transcription mise en ligne aujourd’hui a bénéficié du travail réalisé par l’édition de 2005, ainsi que des nombreuses et pertinentes observations manuscrites laissées par Jean-François Delesalle. Le soutien du consortium CAHIER ainsi que l’aide reçue des pôles Édition (Élisabeth Baïsse-Macchi) et Humanités numériques (Nathalie Arlin, Pierre-Yves Jallud et Paul Gaillardon) de mon laboratoire, l’IHRIM, ont enfin été déterminants : que tous ces collègues trouvent ici l’expression de mes remerciements et de ma reconnaissance.

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